L’Analyse critique du processus électoral de 2025 au Burundi, publiée par l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-Burundi), examine en profondeur les conditions, le déroulement et les conséquences des élections législatives, communales, sénatoriales et collinaires organisées entre juin et août 2025.
S’appuyant sur une méthodologie qualitative à dominante sociohistorique, l’analyse met en évidence les déterminants majeurs qui ont influencé le comportement électoral des Burundais, notamment les conditions socioéconomiques extrêmement dégradées, un environnement politique et sécuritaire marqué par la peur, ainsi qu’un cadre légal électoral restrictif et excluant. Malgré une crise économique profonde caractérisée par la pauvreté massive, l’inflation et les pénuries, les enjeux socioéconomiques ont été largement marginalisés durant la campagne électorale au profit de discours mobilisant les émotions, les peurs identitaires et les mémoires douloureuses du passé.
Le rapport montre que les élections de 2025, bien que présentées comme compétitives, n’ont été que formellement pluralistes. De nombreuses irrégularités ont été signalées par les partis d’opposition, les organisations de la société civile et les confessions religieuses, notamment des intimidations, des exclusions lors du dépouillement, des fraudes présumées et une gestion opaque des résultats. À l’issue du processus, l’ensemble des sièges à tous les niveaux institutionnels a été remporté par le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, consacrant une concentration sans précédent du pouvoir politique.
L’analyse souligne que ces résultats renforcent une hégémonie politico-institutionnelle et ouvrent la voie à un système autoritaire monopartisan et exclusionnaire, avec de lourdes conséquences sur la démocratie, l’État de droit, les libertés publiques et les droits humains. Elle alerte également sur les risques d’isolement international du Burundi et sur les obstacles majeurs que ce contexte fait peser sur la bonne gouvernance, le développement économique et la cohésion sociale.
En conclusion, l’ACAT-Burundi estime que les élections de 2025 n’ont pas répondu aux espoirs de changement démocratique et appelle à des réformes profondes, à la restauration de l’État de droit et au respect effectif des droits humains afin de prévenir de nouvelles crises politiques et sociales.
Veuillez trouver ci-dessous l’intégralité de l’analyse :
Analyse_critique_du_Processus_electoral_de_2025_au_Burundi_ACAT_Burundi
