Le rapport d’ACAT Burundi pour novembre 2025 met en lumière une situation persistante et alarmante en matière de droits humains, dans un contexte de crise politico‑sécuritaire débutée en 2015 et toujours non résolue. Les violations documentées témoignent d’un climat d’impunité généralisée, aggravé par l’inaction des autorités judiciaires et administratives.
Le mois se caractérise par vingt-quatre assassinats, dont de nombreux corps retrouvés dans différentes régions du pays, souvent mutilés, ligotés ou en état de décomposition avancée. Dans la majorité des cas, les victimes sont enterrées rapidement sur ordre des autorités, sans enquête préalable, en violation de l’article 109 du Code de procédure pénale. Plusieurs cas laissent présumer des exécutions extrajudiciaires ou des mises en scène de suicides.
Trois enlèvements ont également été recensés, impliquant des individus emmenés de force par des hommes à bord de véhicules aux vitres teintées, dans des circonstances laissant supposer l’implication d’acteurs étatiques, notamment le Service national de renseignement (SNR). Les familles demeurent sans nouvelles des personnes disparues.
Le rapport fait état d’une arrestation arbitraire d’un officier ayant libéré deux personnes détenues illégalement, illustrant les dysfonctionnements graves du système judiciaire et les abus de pouvoir récurrents.
Des atteintes à l’intégrité physique, incluant des cas de torture, ont été rapportées, notamment celles perpétrées par des policiers et des membres de la milice Imbonerakure. Certaines de ces agressions ont entraîné la mort des victimes. Les Imbonerakure continuent d’agir en toute impunité, abusant de leur statut pour intimider, maltraiter ou cibler des membres de l’opposition.
Le rapport conclut à une détérioration continue de la situation des droits humains, marquée par la complicité présumée de certaines autorités locales et par l’inaction des institutions nationales de contrôle, telles que la CNIDH et l’Ombudsman.
ACAT Burundi recommande au gouvernement de garantir la sécurité de la population, d’ouvrir des enquêtes crédibles pour chaque cas documenté et de mettre fin à l’impunité. Les institutions nationales sont appelées à assumer pleinement leurs responsabilités, tandis que la communauté internationale est invitée à suivre étroitement l’évolution de la situation au Burundi.
Veuillez trouver en bas l’intégralité du rapport :
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