RÉSUMÉ EXÉCUTIF : ALERTE SUR LA RECRUDESCENCE DES CRIMES DE SANG ET DE L’IMPUNITÉ AU BURUNDI (MARS 2026)
1. Un bilan humain alarmant
Au cours du seul mois de mars 2026, l’ACAT-Burundi a documenté la découverte de 11 corps sans vie à travers le pays. Le rapport détaille des assassinats marqués par une violence extrême. : victimes battues à mort (gourdins, bâtons), corps présentant de profondes blessures à la tête ou retrouvés flottant dans des rivières (Kaniga, Nyakigezi, Kaburantwa). Les provinces de Gitega et Bujumbura restent les plus touchées par cette vague d’insécurité.
2. Des modes opératoires criminels et des mises en scène
L’ACAT-Burundi dénonce une tendance inquiétante à la mise en scène de suicides. Des victimes, comme Marie Nahayo (80 ans) ou Béatrice Mpawenimana, ont été retrouvées pendues dans des circonstances où l’assassinat maquillé est fortement suspecté. Par ailleurs, les enlèvements persistent, à l’instar de Gabriel Ndikumana, chauffeur de l’ONG World Vision, porté disparu à Bujumbura depuis le 23 février 2026.
3. La torture comme outil de répression
Le rapport souligne la responsabilité des agents du Service National de Renseignement (SNR) et de la ligue des jeunes Imbonerakure dans des actes de torture systématiques. L’ACAT-Burundi révèle l’existence de transferts nocturnes de détenus visant à dissimuler l’état de santé critique de prisonniers ayant subi des sévices graves, en violation directe du Code pénal.
4. Une faillite programmée de la chaîne pénale
L’organisation pointe du doigt une violation flagrante de l’article 109 du Code de procédure pénale. Dans la quasi-totalité des cas, les autorités administratives procèdent à des inhumations précipitées sans identification des cadavres ni enquête judiciaire. Cette passivité du Ministère public, couplée à une corruption endémique, garantit une impunité totale aux auteurs, particulièrement lorsque les victimes sont issues de l’opposition politique.
5. Appels à l’action
Face à ce que l’organisation qualifie de « prise d’otage de la Justice par l’Exécutif », l’ACAT-Burundi exige :
• Du Gouvernement : Le démantèlement des patrouilles illégales des Imbonerakure et la sécurisation des citoyens par les seuls corps réguliers.
• De la Justice : L’ouverture immédiate d’enquêtes indépendantes sur chaque corps découvert.
• De la Communauté Internationale : Une vigilance accrue face aux facteurs de risque d’une dégradation généralisée des droits de l’homme au Burundi.
Veuillez trouver en bas l’intégralité du rapport mensuel de mars 2026 :
Rapport de monitoring des violations et atteintes aux droits humains documentés pour Mars 2026
