Le rapport mensuel d’ACAT-Burundi sur la situation des droits humains pour la période d’août 2025 met en lumière la persistance de graves violations dans un contexte marqué par la crise politico-sécuritaire ouverte en 2015. Malgré les dispositions constitutionnelles et pénales garantissant le droit à la vie et prohibant la torture, les exactions se poursuivent dans une impunité quasi totale.
Au cours du mois, 11 assassinats, 7 cas d’enlèvements et disparitions forcées, 2 arrestations arbitraires et 5 cas de torture ont été documentés. De nombreux corps sans vie ont été découverts dans différentes régions du pays, souvent enterrés précipitamment sans enquêtes crédibles, en violation du Code de procédure pénale burundais. Ces pratiques alimentent un climat de peur et traduisent une complicité manifeste entre certains responsables administratifs, agents de police et membres des milices Imbonerakure, fréquemment cités dans les exactions.
Les cas recensés révèlent une répression ciblée contre les opposants politiques, les défenseurs des droits humains et les citoyens ordinaires. Les victimes sont souvent arrêtées ou enlevées par des agents du Service National de Renseignement (SNR) ou des groupes affiliés au parti au pouvoir, puis soumises à des tortures ou portées disparues. L’appareil judiciaire, manquant d’indépendance, peine à ouvrir des enquêtes crédibles, ce qui renforce l’impunité et la méfiance envers les institutions publiques.
Face à cette situation préoccupante, l’ACAT-Burundi dénonce fermement ces violations et appelle :
• Le gouvernement à garantir la sécurité de la population, à enquêter sur les crimes et à mettre fin aux exactions des Imbonerakure.
• Les institutions nationales des droits de l’homme à assumer pleinement leur mandat de protection et de promotion des droits fondamentaux.
• La communauté internationale à maintenir une vigilance accrue, notamment à l’approche des échéances électorales de 2025, afin d’éviter l’escalade des violences.
L’ACAT-Burundi réaffirme son engagement à poursuivre son plaidoyer en faveur de la vérité, de la justice et de la réparation pour toutes les victimes et leurs familles.
Veuillez trouver l’intégralité du rapport en bas :
