Rapport sur le Monitoring des Violations et atteintes aux droits de l’homme commises au Burundi.


Rapport sur le Monitoring des Violations et atteintes aux droits de l’homme commises au Burundi.

Période du mois d’Avril 2020

Plan du présent rapport
 INTRODUCTION.
 ASSASSINATS ET ENLEVEMENTS.
 ARRESTATIONS ARBITRAIRES ET DETENTIONS ILLEGALES.
 ATTEINTES A L’INTEGRITE PHYSIQUE.
 AUTRES VIOLATIONS
 CONCLUSION.
 RECOMMANDATIONS.

 INTRODUCTION.
La crise politico-sécuritaire que traverse le Burundi depuis avril 2015 continue d’alimenter les violations des droits de l’homme au détriment du peuple burundais qui en paie le lourd tribut alors qu’il aspire comme ailleurs à un Etat de droit. La tendance des violations des droits de l’homme documentées depuis le début de la crise politique en avril 2015 reste inchangée.
Il s’agit principalement des exécutions sommaires, des disparitions forcées, des arrestations et des détentions arbitraires, des actes de torture et des mauvais traitements qui continuent à être observés.
Les victimes de ces violations restent en majorité des opposants au Gouvernement et/ou au parti au pouvoir (le Conseil National pour la Défense de la Démocratie-Forces pour la Défense de la Démocratie – CNDD-FDD) ou des personnes perçues comme tels : des membres des partis politiques d’opposition (en particulier du Congrès National pour la Liberté(CNL),le parti fondé par l’ancien leader des FNL, Agathon RWASA et du Mouvement pour la Solidarité et la Démocratie (MSD) ; des sympathisants de groupes armés d’opposition , des Burundais tentant de fuir le pays et de ce fait suspectés de rejoindre ces groupes ou des journalistes et membres d’organisations de la société civile. Les agents de l’Etat à l’instar des policiers, des agents du Service National de Renseignement (SNR) associés aux miliciens Imbonerakure, jeunes affiliés au parti au pouvoir le CNDD-FDD, sont pointés du doigt comme auteurs présumés de ces violations massives des droits de l’homme. L’impunité est devenue un mode de gouvernance au profit des auteurs présumés de ces violations qui semblent être à l’abri des poursuites judiciaires.
Cette évolution préoccupante, à un mois de premiers scrutins de mai 2020, confirme l’analyse de la commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi qui, dans son rapport du 17 septembre 2019, avait placé l’approche des élections de 2020 parmi les facteurs de risque pouvant aggraver la situation des droits de l’homme au Burundi. Cette commission d’enquête a appelé la communauté internationale à être vigilante pour prévenir d’éventuels crimes contre l’humanité liés au processus électoral de 2020. Toutefois, les victimes et leurs proches gardent l’espoir car la Cour Pénale Internationale et les autres mécanismes régionaux et internationaux de protection des droits de l’homme se penchent déjà sur le cas du Burundi et ont déjà initié des enquêtes sur des crimes et violations des droits de l’homme qui se commettent depuis avril 2015 au Burundi.
A travers ses publications, ACAT-Burundi reste engagée dans un plaidoyer actif contre ces violations graves en collaborant notamment avec les mécanismes régionaux et internationaux de protection des droits de l’homme dans l’espoir que les victimes ou leurs familles puissent exercer leur droit à porter plainte auprès des instances judiciaires qui garantissent un procès équitable.
Concernant la période couverte par le présent rapport treize(13)cas d’assassinats, six(6) cas d’enlèvement, cinquante-neuf(59) cas d’arrestations arbitraires et détentions illégales, ainsi que vingt-six(26) cas d’atteintes à l’intégrité physique, ont pu être répertoriés.
Malheureusement, dans la plupart des cas, les présumés auteurs ne sont pas inquiétés : des corps sans vie et pour la plupart non identifiés sont encore retrouvés dans différents endroits du pays comme : les rivières, les buissons ou dans des lieux non éloignés des habitations.
En plus, les cadavres trouvés sont vite enterrés par l’administration sans avoir été identifiés. Mais dans tout cela, s’il y avait une volonté de poursuivre les présumés auteurs, toutes les démarches seraient prises pour y arriver.

 ASSASSINATS

Les phénomènes d’assassinats et d’enlèvements deviennent de plus en plus récurrents au Burundi et se sont accrus surtout pendant cette période où les Burundais cheminent vers le processus électoral de 2020, la répression devient récurrente.
Ainsi pour cette période du mois d’avril 2020, l’Acat-Burundi a pu répertorier treize (13) cas d’assassinats ainsi que six(6) cas d’enlèvement.

1. En date du 01 avril 2020, deux (2) individus, Damien KAZUNGU surnommé Bonane et son fils connu sous le nom de Ezéchiel DUSABE, originaire de la colline et zone BUHORO de la commune BWAMBARANGWE en province de KIRUNDO ont été assassinés à coup de machettes par des imbonerakure. Les mêmes sources révèlent que le surnommé Bonane avait séjourné en Tanzanie et lors de son retour au pays, les imbonerakure se sont présentés chez lui et l’ont embarqué lui disant qu’il l’amenait avec son fils au centre de quarantaine de MUKENKE en vue de lutter contre le corona virus, et ils les ont tués en cours de route et laissés les corps qui ont été découvert le lendemain. La police n’a arrêté personne alors que les auteurs du crime qui ont conduit les deux victimes sont identifiables.

2. En date du 05 avril 2020, un corps sans vie de SINARINZI, âgé de 49 ans a été découvert sur la colline GITARAMUKA de la commune et province RUTANA. Les sources proches du lieu du crime indiquent que les auteurs de ce meurtre seraient des imbonerakure qui accusaient la victime de vol de vaches. Les mêmes sources parlent d’arrestation de deux personnes par la police pour enquêtes.

3. En date du 05 avril 2020, Bosco NGABIRANO, originaire de la commune RUTOVU de la province de BURURI a été enlevé par des imbonerakure dirigés par leur chef connu sous le nom de Elie NIMUBONA, puis conduit en commune de RYANSORO, province de GITEGA où il aurait été torturé puis exécuté sur ordre du gouverneur de cette province, Venant Manirambona qui a ordonné ainsi son enterrement en l’absence de ses proches.

4. En date du 06 avril 2020, un corps sans vie en état de décomposition d’un citoyen dénommé Laurent NICAYENZI, militant du CNL, originaire de la commune GIHOGAZI en province de KARUZI, a été découvert sur la colline KARINDO de la commune KINYINYA en province de RUYIGI. La victime avait été enlevée et portée disparue en date du 26 mars 2020 par des hommes en tenue policière, à Bujumbura, tout près de la station connue sous le nom de KIGOBE city oïl. Sa famille avait cherché la victime dans les cachots de la mairie de Bujumbura, sans succès. L’administration de cette localité s’est précipitée pour enterrer ce corps avant que ses proches ne le fassent eux-mêmes.

5. En date du 08 avril 2020, un corps sans vie de NDAYISABA Grégonie, a été découvert dans sa maison située sur la colline KAGOMA de la commune VYANDA en province de BURURI. Les témoins qui ont vu ce corps disent qu’il présentait plusieurs blessures et disent que la victime aurait été assassinée à coups de machettes. Les auteurs de ce meurtre ne sont pas encore connus.

6. En date du 11 avril 2020, deux(2) corps sans vie, lies entre eux et qui n’ont pas été identifiés, ont été découvert sur la transversale 2 de la colline et zone NDAVA, en commune de BUGANDA province de CIBITOKE. L’administration locale a vite ordonné l’enterrement de ces corps sans qu’il ait des enquêtes afin d’identifier ces derniers et les auteurs de leur assassinat.

7. En date du 12 avril 2020, Gratien COYIREMEYE, secrétaire du parti au pouvoir le CNDD FDD sur la colline GAHORORO de la commune KIREMBA en province de NGOZI a été assassiné par des gens qui n’ont pas été identifiés. Des sources dans la localité révèlent que la victime a été attaquée par des inconnus lorsqu’il rentrait de nuit chez lui.

8. En date du 15 avril 2020, des agents de la police dirigés par le commissaire régional du sud du pays, Thaddée BIRUTEGUSA, ont attaqué le domicile de Pascal NINGANZA surnomme KABURIMBO, situé sur la colline RUBANGA de la commune MATANA en province de BURURI. Ils l’ont arrêté, ligoté avec ses deux employés de champs, désiré CIZA et RIYAZIMANA, puis ils les exécutés a la balle dans la tête. Pascal NINGAZA avait fait objet d’une chasse à l’homme depuis que le Président du sénat burundais le nommé Révérien NDIKURIYO avait fait appel à son assassinat jusqu’à promettre une somme de cinq millions de francs burundais à quiconque lui ramènera sa tête. Ces cas d’exécutions extrajudiciaires ont été largement décriés dans les médias et sur les réseaux sociaux où des voix s’élèvent pour dénoncer que des policiers arrêtent puis exécutent des personnes à leurs domiciles au lieu de les présenter devant les juridictions compétentes pour être jugés conformément à la procédure pénale.

9. En date du 16 avril 2020, un corps sans vie d’un homme étranglé, avec une grosse pierre sur sa poitrine a été découvert au quartier KIYANGE 1 en zone de BUTERERE, commune NTAHANGWA de la mairie de Bujumbura. Ce corps a été acheminé à la morgue de l’hôpital roi Khaled, et la police annonce l’arrestation de cinq personnes pour raison d’enquêtes.

 ENLEVEMENTS.

1. En date du 07 avril 2020, Thierry NTABANGANE, militant du parti CNL résidant à la transversale numéro 15 de la zone MARAMVYA en commune de MUTIMBUZI, province de Bujumbura, a été arrêté par des agents de police et emprisonné au cachot de la zone maramvya. Sa famille a pu lui rendre visite. Trois jours après, en date du 11 avril 2020, la famille est retournée au cachot pour lui rendre visite mais malheureusement la victime n’est plus au cachot. Ses codétenus ont révélé qu’il a été exfiltré du cachot pendant la nuit et conduit vers une destination inconnue. Depuis la famille a cherché dans tous les cachots sans succès. Elle demande d’être informé du lieu de détention de la victime et dit craindre pour sa sécurité.

2. En date du 15 avril 2020, un conducteur de taxi voiture connu sous le nom de Claude NIYONKURU et un certain pascal BUNANI, tous originaires de la commune MAKEBUKO en province de Gitega, ont été enlevés par des gens qui n’ont pas été identifiés dans la soirée de cette date en zone de KAMENGE, commune MUHA de la mairie de Bujumbura. Leurs proches n’ont pas de nouvelles d’eux depuis leur enlèvement et s’inquiètent pour leur sécurité.

3. En date du 28 avril 2020, trois(3) hommes dont , Arcade BUTOYI, un certain ALAWI et une autre personne non identifiée,qui partageaient un verre dans un bar appelé KU KAYANGE situé dans le quartier de NYAMPARAHARA du centre urbain de la province de CANKUZO, ont été enlevés par des hommes habillés en tenus militaires et à bord d’une voiture Toyota, qui n’ont pas été identifiés. Leurs familles parlent d’enlèvement pour des mobiles politiques et ignorent depuis où se trouvent les leur.

 ARRESTATIONS ARBITRAIRES ET DETENTIONS ILLEGALES.
Plusieurs cas d’arrestations arbitraires et de détentions illégales ont été opérés au cours de ce mois d’avril 2020. Cette chasse à l’homme dirigée contre les opposants ou supposés est conduite principalement par des miliciens Imbonerakure soutenus par les administratifs en vue de les traquer.
Ainsi pour cette période cinquante-neuf(59) cas d’arrestations arbitraires et détentions illégales ont été répertoriés.

1. En date du 03 avril 2020, NDORIMANA Hadji, secrétaire provincial du parti CNL a KIRUNDO, a été arrêté par les agents de la police sur ordre du commissaire de provincial nommé Jacques KABURA, puis embarqué dans son véhicule de fonction et incarcéré au cachot du parquet à KIRUNDO. Aucun motif de son interpellation ne lui a été signifié. Les responsables du CNL en province de KIRUNDO ainsi que sa famille demandent qu’il soit libéré et sans condition du moment qu’aucune infraction ne lui est reproché.

2. En date du 03 avril 2020, NIYONGABO Côme, ancien militaire ex-fab(forces armées burundaises avant l’intégration des ex-rebelles dans l’institution),résidant sur la colline JIMBI de la commune KIBAGO en province de MAKAMBA, a été arrêté par les militaires postés à KABEZI sur ordre d’un certain major MANIRAKIZA Gilbert du camp MABANDA en province de MAKAMBA, lorsqu’il se rendait à Bujumbura. La victime aurait été confondue avec un certain KAGEREGERE accusé de participation au coup d’Etat manqué de 2015 qui serait récemment rentré de l’exile. Sa famille craint pour sa sécurité et demande qu’il soit libéré.

3. En date du 03 avril 2020, un militant du parti CNL connu sous le nom de Hadj NDORIMANA , a été arrêté par les agents de la police au chef-lieu de la commune et province de KIRUNDO, puis conduit à bord du véhicule du commissaire provincial de la police dans cette même province au cachot du parquet de ladite circonscription. Le mobile de son arrestation ne lui a pas été communiqué.

4. En date du 04 avril 2020, dix(10) militants du parti CNL, ont été arrêtés par des agents de la police et conduits au cachot de police de la commune MISHIHA de la province CANKUZO. Tous ces militants ont été interpellés sur la colline MWIRUZI de la même commune de MISHIHA. Les motifs de leurs arrestations n’ont pas été communiqués mais les responsables du CNL dans cette province parlent de la volonté du pouvoir de mettre les bâtons dans les roues de cette formation politique d’opposition à l’approche des élections générales de mai de cette année.

5. En date du 06 avril 2020, six(6) militants du CNL dont NAHAYO Elie, KUBWAYO Jean Bosco, NDAYIZIGA Daniel, NZEYIMANA célestin, HABARUGIRA Fulgence et KANKUNDIYE Françoise ont tous été arrêtés par le commissaire de police en commune MUTIMBUZI, OPP2 NIYONKURU Claver et conduits au cachot de la police situé à GATUMBA. Cette arrestation a eu lieu alors qu’ils allaient rendre visite à leurs camarades dans la zone MARAMVYA de la commune MUTIMBUZI en province Bujumbura. Ils ont été surpris par des Imbonerakure qui les ont battus et blessés. Les responsables du CNL dans cette localité exigent leur libération immédiate et sans conditions du fait qu’aucune infraction ne leur est reproché.

6. En date du 07 avril 2020, un élu et chef de colline KIVUMU de la commune MUGAMBA en province de BURURI, a été arrêté puis incarcéré au cachot de la police a MUGAMBA. Il a été accusé à tort de collaborer avec les bandes armées suite aux coups de feu entendus la veille dans cette localité. L’administrateur et le responsable de la police dans cette localité leur reproche de ne les pas avoir informé a temps comme s’il est était au courant de cette attaque. Mais des sources proches du parti UPRONA indiquent qu’il s’agirait des manœuvres de l’évincer pour qu’il ne se représente pas aux élections communales de cette même année.

7. En date du 08 avril 2020, Jackson TOYI vivant sur la colline de BUJONDI, zone de MUGENI en commune de KAYOGORO de la province de MAKAMBA a été arrêté par des Imbonerakure de cette colline sur ordre de Fanuel RWANKO, responsable collinaire de la jeunesse du parti CNDD FDD. TOYI avait une fiche de collecte des contributions du parti, une mission qu’il effectuait pour son parti, c’est cela qui a été à la base de son arrestation.

8. En date du 09 avril 2020, trois(3) militants du parti CNL connus sous les noms de Jérôme BUCUMI, Richard NIYIMBESHAHO et Amissi DUSHIMIRIMANA, ont été arrêtés par les imbonerakure sur la colline MUNANIRA de la commune MUSIGATI en province de BUBANZA. Ils sont accusés par ces mêmes imbonerakure d’enseigner l’idéologie de leur parti ce que dénoncent les militants du CNL qui parlent de non-infraction le fait d’enseigner l’idéologie d’un parti agréé par les instances de l’État.

9. En date du 11 avril 2020,cinq (5) militants du parti CNL connus sous les noms de Jérôme NSANZURWIMO, Salvator NZEYIMANA, Richard MANIRAMBONA, Berchimas BIZINDAVYI et Gilbert NGOMIRAKIZA ont été arrêtés par les agents de la police en compagnie des imbonerakure et les administratifs a la base sur la colline MUYANGE de la zone BIGINA ,commune KAYOGORO en province de MAKAMBA sur ordre du chef de zone BIGINA. Ils sont accusés de collecter des contributions pour leur parti. Les responsables de ce parti au niveau de la province demandent que ces militants soient libérés parce que le fait de collecter des contributions pour un parti reconnu par la loi n’est pas une infraction surtout que ces contributions sont volontaires et données par les militants de cette formation politique seulement.

10. En date du 11 avril 2020 huit(8) militants du parti CNL dont Firmin MANIRAKIZA, Oscar NZEYIMANA, Côme HABONIMANA et Ferdinand BAVUMIRAGIYE, Gérard HABONIMANA, Didace BAVUMIRAGIYE et Berchimas RUFYIKIRI. Serges BUCUMI, ont été arrêtés par la police en compagnie des Imbonerakure dans la commune de GISURU, en province de RUYIGI. Accusés de collaborer avec de groupes rebelles. Ils sont détenus au cachot de la police.

11. En date du 12 avril 2020, trois(3) militants du CNL dont Georges NIZIGIYIMANA, Jean Bosco NDAYAMBAJE et Jean-Baptiste HAVYARIMANA ont été interpellés par des Imbonerakure sur la colline de MUYANGE dans la commune de BUGENYUZI en province de KARUZI. Ils les ont accusés de tenir une réunion illégale ce que démentent les militants du CNL de cette localité et parlent plutôt d’une chasse à Lhomme dirigée contre eux.

12. En date du 14 avril 2020, trois (3) ouvriers dont un responsable local du CNL en zone GATETE de la commune et province RUMONGE, ont été arrêtés par les agents de la police en lieu et place de leur employeur qui, lui n’était pas présent à cet endroit après une fouille perquisition du domicile.

13. En date du 14 avril 2020, le responsable du parti CNL en commune de MUSIGATI de la province de BUBANZA connu sous le nom de MANARIYO Joseph, a été arrêté par les agents de la police et place en détention au cachot de la police à MUSIGATI. il est accusé de rébellion. Les militants du CNL dénoncent un harcèlement dont ils sont victimes et demandent sa libération immédiate.

14. En date du 16 avril 2020,le représentant du parti FRODEBU(front pour la démocratie au Burundi), en commune MUHUTA de la province de RUMONGE connu sous le nom de NIYIBIGIRA Ferdinand a été arrêté par les agents de la police, sur ordre du président de la CECI(commission électorale communale indépendante) locale (Commission Electorale Communale Indépendante) en collaboration avec l’administrateur de la commune de MUHUTA .ils l’accusaient de tenir une réunion illégale alors que la réunion était connue à l’avance par les autorités communales.

15. En date du 18 avril 2020, deux(2) militants du CNL connus sous les noms de : Côme NDUWAYEZU et Moïse NURWAHA ont été arrêtés par la police dans la commune de MUTAHO, province de Gitega. Ils sont accusés d’avoir agressé le chef de zone de RWISABE connu sous le nom de Ferdinand NDAYIKENGURUKIYE. Les deux militants du CNL sont incarcérés dans un cachot de la police à MUTAHO. Le responsable du CNL dans cette localité Denis NDACAYISABA évoque des mobiles politiques pour cette interpellation et demande leur libération immédiate et sans condition.

16. En date du 23 avril 2020, trois(3) militants du CNL en même temps responsables de ce parti sur la colline de KIBOGOYE dans la Commune de GIHETA en Province de Gitega, connus sous les noms de : Emmanuel HABONIMANA et Révocat Oscar BARYAMWABO, ont été interpellés sur ordre Léonidas NTAKARUTIMANA, secrétaire communal du CNDD-FDD. Ils sont accusés de menacer un dissident de leur parti qui aurait viré vers le CNDD-FDD. Ils sont détenus au cachot de la commune GIHETA.

17. En date du 26 avril 2020,deux(2) militants des partis d’opposition ,une ancienne représentante du parti MSD( Mouvement pour la Solidarité et la Démocratie), SINZUMUSI Anne et un responsable local de sécurité au sein du CNL(congrès national pour la liberté), MATATA Augustin , ont été arrêtés à leur domicile situés en zone de BURINGA, en commune de GIHANGA, province de Bubanza, par le commissaire communal de la police et ils ont été conduits au cachot de cette localité de GIHANGA . La police n’a pas expliqué le mobile de l’arrestation de ces 2 personnes. Les responsables des partis d’opposition dans la province de BUBANZA déplorent que des citoyens soient arrêtés sans convocation, ni mandat. Ils demandent que la loi soit respectée et que des arrestations abusives des innocents, juste parce qu’ils sont des opposants soient arrêtées.

18. Le candidat au poste de sénateur pour le compte du parti CNL en province MAKAMBA connu sous le nom de Pasteur MPAWENIMANA est détenu à la prison centrale de Ngozi depuis mardi le 28 avril 2020.La police l’accuse d’avoir blessé un jeune imbonerakure lors du lancement de la campagne électorale par le parti CNL dans cette province. Selon les témoins sur place, le militant du parti au pouvoir a été tabassé par les motards qui étaient frustrés du fait que ce dernier était en train de noter les plaques d’immatriculation des motos qui transportaient les militants du CNL au stade MUREMERA. La victime a été mise dans le véhicule appartenant à pasteur pour éviter que ces motards ne commettent l’irréparable. C’est ainsi que la police a chargé le propriétaire du véhicule d’avoir commis lui-même ces actes alors qu’il n’a fait que sauvé ce jeune. Les responsables du parti CNL demandent qu’il soit libéré et que des vrais coupables soient recherchés puisque lui est innocent.

19. En date du 28 avril 2020, deux(2) militants du CNL connus sous les noms Clovis NAHIMANA et NDUWIMANA sur la colline MUTURIGWA, zone MINAGO, commune et province RUMONGE, ont été arrêtés par les agents de la police après qu’ils aient été agressés par les imbonerakure qui les empêchaient de battre campagne de porte à porte alors que la campagne électorale est en cours et qu’ils n’ont enfreint aucune loi en la matière. Le parti CNL demande la libération immédiate de ses militants injustement arrêtés.

20. En date du 29 avril 2020, quatre(4) militants du CNL qui faisaient campagne porte à porte sur la colline BUSEBWA de la zone GATETE en commune et province RUMONGE, ont été arrêté par les agents de la police. Les responsables du CNL dans cette contrée disent ne pas comprendre le comportement de ces agents de la police qui arrêtent illégalement des militants en campagne alors que la période de battre campagne est en cours et autorisée sur toute l’étendue du territoire du Burundi. Ils demandent que ces militants soient libérés et sans conditions.

 ATTEINTES A L’INTEGRITE PHYSIQUE.

A part les assassinats et les arrestations arbitraires, d’autres violations des droits de l’homme ont aussi été documentées au cours de ce mois d’avril 2020. En effet, les IMBONERAKURE, jeunes affiliés au parti au pouvoir le CNDD-FDD, qualifiés de milices par les Nations Unies, continuent à faire la pluie et le beau temps à travers tout le pays où ils s’arrogent le droit de malmener la population surtout celle appartenant aux partis politiques de l’opposition en se livrant aux actes de torture sans qu’ils ne soient inquiétés. Ils sont soutenus dans ces sales besognes par l’administration de la base au sommet.
Ainsi vingt-six(26) cas d’atteintes à l’intégrité physique dont dix-huit(18) cas de torture, ont été recensés durant ce mois d’avril 2020.

 TORTURE

1. En date du 04 avril 2020, deux(2) militants du FNL connus sous les noms de Jean-François NTAWUYANKIRO et Émile KARENZO, résidant sur la colline MARAMVYA de la commune MUTIMBUZI en province de Bujumbura, ont été battus par des imbonerakure sur ordre d’un certain Dieudonné NTAMATUNGIRO, puis emprisonnés au cachot.

2. En date du 10 avril 2020, Jean-Baptiste VYAVUZINGOMA membre du parti CNL en commune GITOBE de la province de KIRUNDO a été gravement battu par des jeunes Imbonerakure suite à son refus d’adhérer au parti CNDD -FDD, sa santé se trouve dans un mauvais état, il ne peut pas se déplacer sans béquilles.

3. En date du 15 avril 2020, deux (2)militants du CNL connus sous les noms de : Evariste MINANI et Innocent RWAMIGABO ,résidants dans la zone GISENYI de la commune Busoni province de KIRUNDO, ont été attaqués et battus chez eux par un groupe des imbonerakure dirigés par un certain Nestor AHISHAKIYE pour avoir refusé de contribuer dans la construction de la permanence du CNDD -FDD dans cette zone, leurs téléphones portables ainsi que leurs bicyclettes ont été confisqués .

4. En date du 16 avril 2020, un jeune imbonerakure du nom de sylvestre MBABAZI, résidant dans la zone GATARE de la commune BUSONI en province de KIRUNDO, a été tabassé par les militants du CNL qui l’ont trouvé à son domicile pour avoir refusé de louer son matériel de sonorisation à ce parti pour utilisation en réunion.

5. En date du 18 avril 2020, un responsable du parti CNL sur la colline BOMASI de la commune NTEGA province de KIRUNDO connu sous le nom de NDINZEMESHI a été grièvement blessé par un conseiller de l’administrateur de ce commune en charge des question du développement du nom d’Aimé NTWAZA pour avoir refusé d’adhérer au parti au pouvoir le CNDD –FDD.

6. En date du 18 avril 2020, quatre(4) militants du CNL résidants dans la zone de BUHORO, commune de BWAMBARANGWE de la province de KIRUNDO connus sous les noms de : Adronis KWIZERA, Claver KABURA, Simon MUGISHA, Jérémie AHISHAKIYE, ont été battus par un groupe d’imbonerakure alors qu’ils étanchaient leur soif dans le bistrot de la localité portant l’uniforme du CNL, l’un d’entre eux claver KABURA a perdu deux dents suite à un coup de marteau reçu dans la bouche.

7. En date du 18 avril 2020, Gérard NDAYIZEYE, un ancien militant du CNDD -FDD au pouvoir ,récemment adhéré au parti d’opposition CNL ,a été tabassé puis brulé à l’aide des sachets par des imbnerakure au chef-lieu de la zone BUKUMBA dans la commune VUMBI, en province de KIRUNDO .Il est en train d’être soigné à l’hôpital de MUKENKE mais sa santé reste préoccupante.

8. En date du 22 avril 2020,six( 6)militants du CNL des collines MATYAZO et BURARANA de la zone BUKUBA en commune VUMBI ,province de KIRUNDO connus sous les noms de NSABIMANA Etienne, NSEKERABANDYA Amédée, VYAGOWE, MACUMI Ismaël et KARENZO ,ont été grièvement blessés dans une embuscade e par des jeunes Imbonerakure dont MPABONYE Emmanuel, MIBURO, NDAYISHIMIYE jean Paul, sylvestre RUVURI, Egide, KADAFI, Joseph et MANEKO . Ils sont dans un état critique au centre de santé VUMBI

 COUPS ET BLESSURES VOLONTAIRES

1. En date du 03 avril 2020,des imbonerakure ont fait irruption au ménage d’un militant du CNL connu sous le nom de MASABARAKIZA patrice, situé sur la colline NYABURONDWE en commune BUTAGANZWA de la province de RUYIGI, l’ont blessé à coup de machettes et violé son épouse. Aucune enquête n’a été diligentée pour identifier et punir les coupables.

2. L’intolérance politique entre les militants du CNDD-FDD et ceux du parti CNL font des blessés des deux camps. En date du 19 avril 2020, les militants de ces deux formations politiques se sont entrés dedans à coups de pierres et d’armes blanches en commune NTEGA sur la colline GATWE, province de KIRUNDO faisant six(6) blessés dont trois membres du CNDD-FDD, parti au pouvoir, dont un chef de zone RUSUBIJE connu sous les nom de RWASA Emmanuel, un certain RWASA Georges et MANIRAKIZA Innocent, ainsi que trois militants du CNL ,parti d’opposition dont Emmanuel SAYUMWE et jean marie NDAYISABA

3. En date du 12 avril 2020, Gabriel NDIKUMANA militant du CNDD -FDD, résidant dans la zone MUGENDO de la commune NTEGA, a été grièvement blessé dans une embuscade que les membres du CNL lui avait tendue près de chez lui et sa femme et son enfant de 15 ans ont été légèrement blessé par des coups de pierres.

• AUTRES VIOLATIONS

1. Les candidats inscrits à la tête des listes aux élections communales pour le compte du parti CNL dans les communes de VUMBI et BUSONI en province de KIRUNDO, vivent en clandestinité suites aux menaces proféréés à leur égard par les administratifs à la base de ces contrées. Les responsables du CNL dans cette province demandent aux autorités provinciales de faire cesser ces menaces et intimidations à fin de permettre la bonne tenue et dans les même conditions de ces élections.

2. Un chauffeur de la radio privée dénommée ISANGANIRO connu sous le nom de Saido RUKUNDANEZA, a été agressé par les imbonerakure qui ont ensuite fait crever les pneus de son véhicule en date du 09 avril 2020.Cela s’est passé sur la colline RUKUBA de la commune KANYOSHA en province de Bujumbura ou les journalistes de ce media était allé faire un reportage sur l’attaque qui avait été menée par des gens n’ont identifiés au domicile d’un militant du CNL dans cette localité. Aucun agresseur n’a été arrêté ou interrogé.

3. En date du 04 avril 2020, Une maison de Patrick HABAKUREMA, responsable du CNL sur la colline et zone MURORE en commune Busoni de la province KIRUNDO a été entachée du sang et une croix y a été laissée par des inconnus. Ces menaces ont été proférées alors que le propriétaire de la maison avait déjà pris la fuite. Il avait été intimidé par le chef de colline Gérard KABURA ainsi que le responsable des Imbonerakure sur la même colline MURORE nommé Gilbert NDUWAYO.

4. En date du 03 avril 2020, L’administrateur communal de NYABIHANGA Adrien NTUNZWENIMANA a décidé de fermer deux permanences collinaires du parti CNL de Kibungo et KIBOGOYE en province de MWARO. Il reproche au parti CNL de recruter des enfants, Stany NTAKARUTIMANA responsable communal du CNL dénonce une décision arbitraire pour empêcher leur parti de se préparer aux élections de 2020. L’administrateur a motivé sa décision dans une lettre que le recrutement des enfants porte atteinte aux mœurs, selon lui, ces enfants obtiennent de mauvaises notes en classe.

5. En date du 12 avril 2020, la permanence du parti CNL dans la zone NYAGISOZI de la commune BUSONI, province de KIRUNDO, a été vandalisée par des imbonerakure, sa toiture a été arrachée et pillée.

6. En date du 13 avril 2020, deux vaches d’un militant du parti FRODEBU (front pour la démocratie au Burundi) connu sous le nom d’André NSENGIYUMVA, résidant en zone MURORE de la commune BUSONI, province de KIRUNDO, ont été éventrés par des imbonerakure pour avoir osé pointer le drapeau de son parti près de la permanence du CNDD- FDD.

7. En date du 14 avril 2020, une maison en construction appartenant à Jules BIZIMANA militant du parti CNL, située dans la zone MUKERWA de la commune BUSONI, en province de KIRUNDO a été détruite par des imbonerakure en patrouille. Le motif de cette destruction serait que cette maison abritait des réunions illégales du parti CNL, ce que dément son propriétaire qui dénonce une destruction pour cause de son appartenance politique et demande qu’il soit réhabilité dans ses droits.

8. Jackson BAHATI, journaliste du groupe de presse IWACU et de la radio ISANGANIRO a été agressé par un policier le matin du 28 avril 2020 dans la commune de RUGOMBO en province de CIBITOKE, il a été giflé par ce dernier lorsqu’il cherchait des informations à propos d’une attaque menée par des gens non identifiés contre le domicile d’un certain Wilson NIYONIZEYE qui a été blessé à la jambe par une balle tirée par ces malfaiteurs ,et son épouse battue à l’aide d’un objet en fer. Le journaliste a été interpellé dans la foule alors qu’il avait sur lui tous les documents lui permettant de faire son travail. Le commissaire de police a été saisi par le journaliste pour être rétabli dans ses droits.

• CONCLUSION.
Comme les périodes précédentes, le mois d’avril 2020 couvert par le présent rapport reste caractérisé par de violations graves des droits de l’homme comme les périodes précédentes. Le phénomène récurrent des corps sans vie découverts dans divers endroits comme les rivières, les buissons puis enterrés hâtivement par des responsables administratifs met en exergue une complicité présumée des hautes autorités avec les criminels.
Dans un contexte où des crimes sont régulièrement commis en toute impunité. l’aboutissement des rares enquêtes du Ministère public sur des cas de violations des droits humains comme les exécutions judiciaires ou des disparitions forcées reste hypothétique lorsque les victimes sont notamment des opposants politiques ou des défenseurs des droits de l’homme.
A la veille des élections de mai 2020, des actes d’intimidation, de harcèlement et d’atteinte à l’intégrité physique s’accentuent à l’endroit des partisans du parti CNL principalement et d’autres partis politiques de l’opposition (arrestations arbitraires, tortures, interdiction de réunion et de circulation, etc.). Certains administratifs à la base en complicité avec des policiers et des miliciens Imbonerakure s’illustrent toujours dans ces violations en toute impunité d’où la tendance continuelle des autorités à la renonciation de la responsabilité de protéger la population au profit des intérêts sectaires. L’appareil judiciaire continue ainsi à couvrir ces crimes opérés en violation de la procédure qui régit la chaine pénale au Burundi.
Le harcèlement des observateurs des partis de l’opposition dans les centres d’enrôlement des électeurs s’est fait sentir, ce qui laisse présager le caractère violent des futurs scrutins électoraux.
Au regard de cette situation, les autorités burundaises doivent prendre conscience de la gravité de la situation et mettre fin aux récurrentes violations des droits humains.

• RECOMMANDATIONS.

 A l’endroit du gouvernement du Burundi de :
 Mettre fin aux multiples violations des droits de l’homme conformément à ses engagements nationaux, régionaux et internationaux de protection des droits de l’homme.

 Garantir le respect des droits électoraux notamment par l’arrêt de l’intolérance politique et le bannissement du discours de haine qui caractérisent le processus électoral en cours.
 Aux institutions nationales de droit de l’homme de :

 Se ressaisir en usant de leur pouvoir que leur confère la loi pour promouvoir le respect des droits de l’homme au Burundi face aux nombreux cas récurrents de violations de droits de l’homme.
 A l’endroit de la communauté internationale :

 Suive de près l’évolution critique de dégradation des droits de l’homme en tenant compte des facteurs de risque pouvant aggraver la situation des droits de l’homme au Burundi dans le contexte électoral.

 Suivre de près la question des violations des droits humains dont les réfugiés burundais font objet comme nombreux cas d’arrestations arbitraires, enlèvements et assassinats sans qu’une enquête ne soit menée.

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