A QUOI RIME LA FERMETURE DEFINITIVE DE L’OFFICE DU HAUT COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES AUX DROITS DE L’HOMME AU BURUNDI ?

Eliminer les témoins gênants…

Le bureau du coordonnateur résidant du système des Nations unies au Burundi a informé, ce lundi 4 mars 2019, que l’Office du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme a fermé définitivement ses portes.
Cette mesure fait suite à la demande du gouvernement du Burundi de demander la fermeture de l’office au mois de décembre 2018. Dès lors, des négociations avaient été engagés entre l’office du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme et le gouvernement du Burundi sur la reprise des activités mais cette initiative s’est soldée par un échec à la vue de la décision qui vient de tomber ce 4 mars 2019.
Acat-Burundi déplore cette mesure et salue le travail et la collaboration qui ont caractérisé le bureau de l’Office du haut-commissariat aux droits de l’Homme durant 23 ans de service au Burundi. Il est important de rappeler que ce bureau a été bénéfique dans le travail de monitoring de violations des droits de l’homme, la production des rapports sur la situation des droits, le plaidoyer et le renforcement des capacités des différents acteurs dont les agents du gouvernement qui ont même bénéficié d’appui de différentes natures de la part de cet office.
Alors à qui profite la fermeture de cette institution qui était bénéfique à tout le monde en particulier la population bénéficiaire ?
Avec la crise politique liée à la candidature illégale et contestée au troisième mandat du Président Pierre Nkurunziza qui prévaut au Burundi depuis avril 2015, les violences qui ont caractérisé cette crise ont déjà fait plus de 2000 victimes selon les rapports des organisations des droits de l’homme, il y a 7000 personnes détenues injustement et 400. 000 réfugiés ; à cela s’ajoute le verrouillage des libertés publiques, etc.
Sur terrain, les principaux acteurs de ces violations sont la jeunesse Imbonerakure, les forces de l’ordre et certains administratifs qui bénéficient de la complicité du pouvoir CNDD FDD et agissent en toute impunité.
Le monitoring et la dénonciation de ces crimes et violations des droits de l’homme qui ont montré à l’opinion nationale et internationale la vraie face du pouvoir ont énervé les autorités burundaises qui s’en ont pris aux différentes organisations des droits de l’homme dont le bureau de l’Office du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme accusés d’être des ennemis du pays et de ternir l’image du Burundi. Des mesures de suspension et de radiation ont été injustement imposées par le gouvernement du Burundi aux organisations de la société civile les plus actives dans la dénonciation des violations des droits de l’homme, la plupart des leaders de ces organisations ont été contraints à l’exil et d’autres ont été obligés de travailler dans la clandestinité suite aux menaces qu’ils subissaient.
Le pouvoir CNDD FDD a appelé ses partisans à faire des sit-in en proférant des menaces aux fonctionnaires de l’office, les activités du bureau de l’office ont marché au ralenti depuis octobre 2016 après la suspension de toute forme de collaboration avec le gouvernement du Burundi. C’est durant cette même période que le Burundi a décidé de se retirer du statut de Rome, il a été ainsi le premier pays à arrêter la collaboration avec cette institution.
Par tous ces agissements, le pouvoir CNDD FDD veut cacher la situation des droits de l’homme qui prévaut au Burundi et se dérober à ses responsabilités dans les crimes qui sont en train d’être commis avec la bénédiction de ce même pouvoir. Voilà la principale motivation de l’interdiction des activités de l’Office des Droits de l’Homme des Nations unies.
Les Burundais et la communauté internationale doivent rester vigilants avec les graves violations des droits de l’homme qui se commettent au Burundi et prendre leurs responsabilités, surtout que la situation pourrait encore s’aggraver à l’approche des élections de 2020, des mesures pour arrêter ces crimes et prévenir le pire doivent être envisagées.

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