DES FOUILLES A L’INTERIEUR DES PRISONS QUI INQUIETENT

Certains prisonniers des prisons de Mpimba, Gitega et Murembwe à Rumonge déplorent les actes de certains agents de l’administration pénitentiaire en collaboration avec la police et d’autres prisonniers (souvent des Imbonerakure) qui travaillent pour le compte du pouvoir.
En effet, des fouilles sont improvisées généralement la nuit à l’endroit des opposants, les personnes ayant mené des manifestations contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza et des anciens militaires de l’ex Forces Armes Burundaises (FAB) uniquement. Ces fouilles sont accompagnées par des propos haineux.
La nuit du 7 mai 2018, une fouille a été improvisée à 4 heures du matin dans différentes chambres à l’endroit des EX FAB dans le bloc 4, rien n’a été trouvé.
Acat-Burundi condamne ces actes d’harcèlement et d’intimidation des prisonniers non partisans du pouvoir et appelle les responsables de l’administration pénitentiaire au respect de la loi.

 

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DECLARATION DE L’UNION EUROPEENNE SUR LA SITUATION AU BURUNDI EN AMONT DU REFERENDUM CONSTITUTIONNEL

Déclaration de la Haute Représentante Federica Mogherini au nom de l’Union européenne sur la situation au Burundi en amont du référendum constitutionnel
Contacts avec la presse
Maja Kocijančič
Porte-parole du SEAE
+32 2 298 65 70
+32 498 98 44 25
Les autorités burundaises ont lancé la dernière phase préparatoire au référendum constitutionnel prévu le 17 mai 2018. Ce processus a lieu dans un climat persistant d’intimidation et de répression et est marqué par l’absence d’approche consensuelle entre les différents groupes sociétaux et politiques du Burundi. Le manque d’information officielle publique sur les éléments clé du projet de Constitution et le contrôle étroit des journalistes et des médias risquent de compromettre davantage ce processus. A cet égard l’UE déplore la récente suspension des radios VoA et BBC.
L’Union européenne (UE) regrette la nature non-inclusive de cette phase préparatoire et s’associe pleinement à l’appel de l’Union africaine à «initier toutes les réformes constitutionnelles à travers un large consensus national de toutes les parties prenantes en question». Le processus actuel va à contre-courant des efforts en cours de médiation et de facilitation d’un dialogue politique inclusif inter-burundais portés par la Communauté d’Afrique de l’Est et l’Union africaine et pleinement soutenus par l’UE.
L’UE reste vivement préoccupée par la situation des droits humains au Burundi qui nuit à toute initiative de réconciliation, de paix et de justice. Elle relève en particulier, la persistance d’exécutions extrajudiciaires et d’arrestations arbitraires, y compris de défenseurs des droits humains comme Germain Rukuki qui est menacé par un verdict aussi arbitraire que sévère, et l’absence d’espace politique et restrictions aux libertés d’expression et d’association. A cet égard, la mise en œuvre des deux Résolutions de la 36ème session du Conseil des droits de l’homme à Genève reste une priorité politique.
L’UE, en tant que garant, appelle les autorités burundaises à respecter l’esprit et la lettre des Accords de paix d’Arusha, dont les dispositions ont servi de base pour le transfert pacifique du pouvoir au Burundi et qui ont promu la paix et la stabilité dans la région.
Dans la poursuite de ses efforts en soutien d’un dialogue inclusif, seul processus viable en vue d’un règlement politique durable au Burundi, l’UE continuera de se coordonner étroitement avec ses principaux partenaires internationaux, en particulier la Communauté d’Afrique de l’Est, l’Union africaine, l’ONU et son Envoyé spécial, ainsi que l’Office du HCDH au Burundi.

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SUSPENSION DES RADIOS BBC ET VOIX D’AMERIQUE PAR LE CONSEIL NATIONAL DE LA COMMUNICATION (CNC)

Le Conseil National de la Communication (CNC) a pris la décision de suspendre les radios BBC et Voix d’Amérique (VOA). Le communiqué du CNC mentionne notamment des « manquements à la loi régissant la presse et à la déontologie professionnelle » pour expliquer la décision de suspendre la diffusion de la BBC et de Voice of America (VOA) pour une durée de six mois, à compter du 7 mai 2018. VOA est accusé d’avoir diffusé des informations « très tendancieuses » et avoir engagé un journaliste « recherché par la justice burundaise ».
Quant aux autres stations, RFI a été « mise en garde » pour «traitement jugé tendancieux et mensonger ». Deux autres radios burundaises, Isanganiro et la CCIB FM+ ont aussi reçu un avertissement du CNC à propos d’un manque de « vérification rigoureuse des sources d’information ».

Rappelons que plus d’une centaine de journalistes ont pris le chemin de l’exil après que leurs médias aient été détruits par le pouvoir de Bujumbura au mois de mai 2015. Actuellement le Burundi occupe la 159ème place sur 180 dans le Classement mondial 2018 de la liberté de la presse de Reporters sans frontières.

Ces mesures de la CNC tombent au moment crucial de la campagne pour le référendum constitutionnel controversé. C’est une façon pour le pouvoir d’étendre la terreur, en fermant toutes les voies pour les burundais qui voudraient s’exprimer pour le non ou le boycott de cette mascarade du cercle mafieux du CNDD FDD autour de Pierre NKURUNZIZA voulant rester au pouvoir.

Ce pouvoir compte brise la voix aux burundais afin de continuer à mener la répression présentement dans les milieux jugés des opposants au referendum et pour toute autre voie discordante.
Il est à noter que 2 jours seulement après le lancement de la campagne de sensibilisation à voter oui ou non pour le référendum, plus d’une dizaine de partisans de la coalition Amizero y’Abarundi ont été arrêtés par la tristement célèbre milice Imbonerakure en collaboration avec certains administratifs dans les provinces de Kayanza,Kirundo et Cibitoke.

Acat-Burundi témoigne sa solidarité aux journalistes et leur encourage à chercher toujours des moyens d’informer l’opinion nationale et internationale sur la situation au Burundi, de notre côté, nous réitérons notre engagement pour la lutte au respect des droits de l’homme au Burundi.

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DECLARATION DE L’ACAT-BURUNDI POUR LA CONDAMNATION DE GERMAIN RUKUKI

1. L’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la torture au Burundi a appris avec indignation la condamnation de son ex-employé Germain Rukuki à 32 ans de prison ferme, décision rendue ce 26 avril 2018 par le Tribunal de Grande Instance de Ntahangwa.

2. ACAT-Burundi déplore que Germain Rukuki n’ait pas bénéficié des services d’un Avocat garantie par la loi fondamentale, le Code de procédure pénale ainsi que les différents textes internationaux auxquels le Burundi a ratifié lors de son interrogatoire au Service National de Renseignement. Rappelons qu’il a été arrêté chez lui par une trentaine de policiers qui l’ont ensuite conduit dans les geôles du Service National des Renseignements (SNR en sigle). Il a été par la suite transféré à la prison de Ngozi loin de sa famille pour le soumettre à de mauvaises conditions psychologiques de détention.

3. Quant au fond du dossier, ACAT-Burundi déplore que le Ministère public, par manque de preuves, a d’abord, en août 2017, accusé Germain Rukuki de « rébellion » et d’ « atteinte à la sécurité de l’Etat » pour avoir travaillé avec l’ACAT-Burundi radiée par le gouvernement en 2016, puis alourdit son dossier judiciaire avec de nouvelles infractions qui n’ont pas fait objet d’instruction au moment de la phase pré juridictionnelle ce qui est une entorse au Code de Procédure Pénale et sans qu’aucune preuve matérielle ne soit produite lors de l’audience du 3 avril 2018. Il s’agit des crimes d’ « assassinat de militaires, policiers et civils », de « dégradation des édifices publics et privés » et de « volonté de changer le régime élu démocratiquement ».

4. ACAT-Burundi regrette que les arguments avancés par la défense et appuyés par le droit positif burundais en ce qui concerne la nullité de la procédure n’ont pas été pris en compte par le juge de fond et cet état de fait prouve à suffisance que la condamnation de Germain Rukuki s’inscrit dans le harcèlement des défenseurs des droits de l’homme par la machine gouvernementale mise en marche depuis la crise socio politique de 2015. En effet, les faits évoqués dans son dossier judiciaire sont abusivement placés dans le contexte des violences de 2015 pour manipuler la loi et justifier la lourde condamnation.

5. C’est la raison pour laquelle ACAT-Burundi interpelle les magistrats et en particulier les Juges pour qu’ils disent le droit en rendant des décisions de justice fondées sur le droit en toute indépendance, vis-à-vis de l’Exécutif notamment qui instrumentalise l’appareil judiciaire dans des dossiers à caractère politique comme celui de Germain Rukuki et d’autres défenseurs des droits de l’homme en détention arbitraire.

6. ACAT-Burundi rappelle aussi au Gouvernement que l’Etat du Burundi est tenu de garantir le principe universel selon lequel « Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal compétent, indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle … » (Art 14 du Pacte International des Droits Civils et Politiques)

7. ACAT-Burundi demande enfin au Gouvernement du Burundi de libérer sans condition Germain Rukuki du moment que la Justice ne dispose pas d’éléments d’ordre matériel, morale et légal pour justifier sa détention et encore moins sa condamnation.

Pour ACAT-Burundi
Me Armel Niyongere
Président

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L’ASSEMBLEE NATIONALE AUTORISE LES PERQUISITIONS DE NUIT

L’Assemblée nationale du Burundi a adopté mercredi un projet de loi autorisant notamment les perquisitions de nuit et sans mandat d’un magistrat. Les principales innovations de cette loi sont l’observation, l’infiltration, la livraison surveillée, les interceptions de correspondances émises par la voie des télécommunications, la captation des données informatiques, les sonorisations, les fixations d’images de certains lieux ou véhicules, etc.
Ce projet de loi portant modification du code de procédure pénale a été adopté mercredi le 18 avril 2018 par 90 voix pour et 22 voix contre. Le Ministre de la Justice et garde des sceaux a expliqué la pertinence de cette loi par la recrudescence des crimes chose étrange au moment où les autorités du pays ne cessent de clamer que la paix et la sécurité règnent dans tout le pays.
Selon la ministre Kanyana, cette nouvelle loi sera applicable dans des cas “de terrorisme, de trafic, de détention illégale d’armes ou de stupéfiants”.
Pourtant sur terrain, les organisations de droit de l’homme ne cessent de dénoncer les abus commis par la police lors des fouilles surtout dans les quartiers dits contestataires où les gens sont malmenés, volés de leurs biens et intimidés par des propos de haine sur base de leurs ethnies ou appartenance politique.
Acat-Burundi craint la répression des opposants et des acteurs de la société civile sur base de cette loi, cela à quelques jours de la date du referendum prévu le 17 mai 2018 étant donné que le processus référendaire est caractérisé par la violence.
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RAPPORT DE L’ACAT-BURUNDI DE MONITORING DE VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS POUR LE MOIS DE MARS 2018

Par la présente, Acat-Burundi publie un rapport de monitoring de violations des droits de l’homme pour la période du mois de mars 2018.
Les principaux cas de violations relevés sont liés au processus de referendum du mois de mai 2018 où le gouvernement a accentué la répression et l’intimidation dans les milieux de l’opposition et de la société civile.
Dans ce présent rapport, Acat-Burundi déplore toujours l’attitude du ministère public dans l’audience publique du 3 avril 2018 du dossier judiciaire de Germain RUKUKI, ex employé et membre de l’Acat-Burundi suite aux innombrables vices de procédure et de fond relevées et à la requête de servitude pénale à perpétuité requise pour Germain Rukuki, ce qui est une honte pour la justice burundaise. Acat-Burundi demande aux juges qui vont statuer de dire le droit et de libérer ce défenseur des droits de l’homme qui est injustement détenu.
Ainsi, pour la période couverte par le présent rapport, 27 cas d’assassinats et de disparitions forcées, 29 cas d’arrestations arbitraires et détentions illégales, 16 cas d’atteinte à l’intégrité physique, ainsi que 1 cas de viol ont pu être répertoriés. Ces cas ne pourront pas être décrits en détails tous, mais quelques cas seront décrits à titre illustratif.
Veuillez lire l’intégralité du rapport en bas :
Rapport de monitoring sur les violations et atteintes des droits de l’Homme répertoriées par ACAT BURUUNDI au cours du mois de mars 2018

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COMMUNIQUE DE PRESSE DU COLLECTIF DES AVOCATS POUR LA DEFENSE DES VICTIMES DE DROIT INTERNATIONAL COMMIS AU BURUNDI (CAVIB)

Le CAVIB envoie 49 nouvelles communications (plaintes) à la Cour Pénale Internationale (CPI).Ce collectif interpelle la CPI à traiter et analyser rapidement ces communications afin que les responsables de ces crimes soient arrêtés et présentés devant la Cour pour jugement.
Lire l’intégralité du communiqué en bas :

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APPEL URGENT DE L’OBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un partenariat de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la FIDH saisissent les autorités burundaises sur le dossier judiciaire de Germain RUKUKI.
L’Observatoire a été informé de sources fiables de la poursuite du harcèlement judiciaire et de la mise en délibéré du procès à l’encontre de M. Germain Rukuki, employé de l’Association des juristes catholiques du Burundi (AJCB), président de « Njabutsa Tujane »1, et ancien employé de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture Burundi (ACATBurundi) arbitrairement détenu depuis le 13 juillet 2017 et qui encourt une peine de prison à perpétuité.
Selon les informations reçues, le 3 avril 2018, la chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Ntahangwa a siégé à la prison de Ngozi, où M. Rukuki est détenu, pour examiner au fond l’affaire qui oppose M. Germain Rukuki au Ministère public après deux reports successifs.
Lire l’intégralité du communiqué de presse en bas :
Appel urgent de l’observatoire pour la protection des DDHs
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LA SOCIETE CIVILE BURUNDAISE LANCE UN APPEL A L’UNION AFRICAINE

Janvier BIGIRIMANA, secrétaire générale du FOCODE et représentant de « Tournons la page au Burundi » rappelle que ça fait plus de deux ans que la communauté de l’Afrique de l’Est essaie de trouver une solution à la crise burundaise .Lorsque le facilitateur Benjamin Mukapa, présentait les résultats des négociations qui avaient eu lieu depuis deux ans, il a dit qu’il n’avait pas eu le soutien de ses chefs d’Etats.
Donc, si le facilitateur avoue publiquement qu’il n’a pas le soutien des chefs d’Etats de la communauté de l’Afrique de l’Est, nous pensons qu’il est grand temps qu’on pense à une autre dimension beaucoup plus grande, celle de l’Union Africaine, afin que cette dernière essaie de convaincre le Président Nkurunziza et son régime que la meilleure solution à la crise burundaise est d’accepter de négocier avec ses opposants, sans aucune précondition .
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DECLARATION ORALE DE LA FIACAT CO-SPONSORISE PAR LE CENTRE CCPR, l’OMCT ET TRIAL INTERNATIONAL

Déclaration orale de la FIACAT, co-sponsorisée par le Centre CCPR, l’OMCT et Trial International
37ème session du Conseil des droits de l’homme – Dialogue groupé avec la Commission d’enquête sur le Burundi et le compte-rendu oral du Haut-Commissaire
13 mars 2018

Merci Monsieur le Président,
Je m’adresse à vous au nom de l’ACAT-Burundi et SOS-Torture/Burundi soutenus par le Centre CCPR, la FIACAT, l’OMCT et Trial International.
Les violations graves des droits de l’homme continuent de se perpétrer au Burundi. En février 2018, l’ACAT Burundi a ainsi documenté 23 assassinats et disparitions forcées, 95 arrestations arbitraires et détentions illégales et 28 cas d’atteintes à l’intégrité physique. Ces violations des droits de l’homme restent largement commises par et sous le contrôle du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, et les miliciens Imbonerakure en complicité avec certains éléments des forces de l’ordre.
Suite à l’adoption en Conseil des ministres le 24 octobre 2017 d’un projet de révision de la Constitution, qui permettrait notamment à Pierre Nkurunziza de briguer deux nouveaux mandats de 7 ans, une véritable campagne de terreur a été initiée pour contraindre la population à voter oui au référendum de mai 2018 visant l’adoption de ce projet.
Veuillez lire l’intégralité de la déclaration en bas:
Item 4 – CoI Burundi – Déclaration FIACAT avec CCPR Centre OMCT et Trial international

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