RAPPORT DE MONITORING DES VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS ET LA SITUATION DES PRISONS POUR JUILLET 2019

« La traque des opposants continue… »


Comme les mois derniers, le mois de juillet 2019, a été marqué par un nombre élevé des cas de torture perpétrés par les Imbonerakure avec la complicité de l’administration, la renonciation des autorités du pays de la responsabilité de protéger la population au profit des intérêts du parti au pouvoir devient de plus en plus récurrente.
Ainsi, pour la période couverte par le présent rapport quatorze (14) cas d’assassinats, trois (3) d’enlèvements quarante-huit (48) cas d’arrestations arbitraires et détentions illégales, ainsi que treize (13) cas d’atteintes à l’intégrité physique dont onze (11) cas de torture, ont pu être répertoriés.
Les violations des droits des prisonniers dans les prisons de Mpimba,Gitega, Rumonge et Muramvya demeure préoccupante comme vous allez le constater dans ce rapport.
Nous remarquons que la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNIDH) multiplie les sorties publiques sur certains cas de violations des droits de l’homme ce qui est une bonne chose mais nous lui demandons de consentir des efforts dans la prévention et la protection de la population burundaise tel que le stipule la loi portant création de cette institution en pointant du doigt les véritables auteurs de violations des droits de l’homme qui sont pour la plupart des Imbonerakure, des administratifs et les forces de l’ordre.
Ici ,nous nous rappelons des menaces d’éliminer les opposants du Commissaire provincial de Muyinga Jérôme NTIBIBOGORA le 17 avril 2020 sans qu’aucune mesure ne soit prise par les autorités pour recadrer ce commissaire et surtout que ces menaces relevaient du domaine pénal , ce qui s’est passé le 11 juillet 2018 avec l’exécution judiciaire de Renovat BIZIMANA et NDAYISABA Hyppolite suite aux ordres du Commissaire Provincial de Bubanza OPC1 Prosper MANIRAMPA confirme l’hypothèse que des responsables de la police ont reçu des ordres d’éliminer les opposants.
Nous remarquons également le phénomène d’enrôlement de force de la population au parti au pouvoir le CNDD FDD, les administratifs et les Imbonerakure s’en prennent notamment aux militants du CNL pour qu’ils adhèrent de force au CNDD FDD, ce qui alimente de l’intolérance politique sur terrain qui devient grandissante avec le processus électoral.
L’appareil judiciaire continue à couvrir les crimes opérés par des agents de l’administration, du Service National de Renseignement ou des policiers en complicité avec les jeunes IMBONERAKURE en violation de la procédure qui régit la chaine pénale au Burundi.
Au regard de cette situation, les autorités burundaises doivent prendre conscience de la gravité de la situation et fournir un effort pour mettre fin aux récurrentes violations des droits humains.
Rapport de monitoring de violations des droits de l’homme pour le mois de Juillet 2019

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